le blog de Livio

16 décembre, 2005

Stages à la dérive

J'ai eu l'occasion au cours de ma scolarité universitaire de faire de nombreux stages qui m'ont indéniablement ouvert en plus grand les portes de la vie professionnelle. Je n'ai pas à me plaindre personnellement de ce système car j'ai pu mettre de bonnes références sur mon CV et j'ai systématiquement été payé.
Ce n'est pas toujours aussi rose : en dehors des grands groupes où les politiques rémuneratives sont standards, on retrouve des stagiaires BAC+5 forfaitairement... bénévoles !
Au delà de ces aspects "bassement" financier (c'est bien connu les étudiants roulent sur l'or), on rencontre deux typologies de stages.
D'une part les stages "glande" pour lesquels il se peut qu'une mission fictive et prometteuse ne voient jamais le jour pendant la période faute de temps. Avec bien sur la promesse hebdomadaire que la situation se débloquera la semaine suivante. Le stage piston permet aussi de trouver un stage glande dans la pure tradition troyenne (ndlr. la tradition troyenne fera l'objet d'un post pour les non initiés), puisque la mission est confiée dans un but purement altruiste et sans engagement (ni de mission, ni de réumnération).
Il existe des stages glande payés et même bien payés. Il faut juste s'assurer qu'un accès internet est disponible dans l'entreprise, condition sine qua non à son bon déroulement (et à la rédaction d'un rapport bidon).
La seconde typologie est ailleurs le stage "presse citron". Ce sont à l'inverse des stages où les petits nouveaux connaissent davantage de pression que les employés fixes, des responsabilités et surtout un monde où les 35h correspondent à un mi temps. C'est certes formateur. On retrouve parfois dans ce schéma des services constitué à 70% de stagiaires et où les collaborateurs réels de l'entreprise n'ont plus que la fonction de tuteurs de stage (et de recherche d'autres stagiaires).

Les universités ferment les yeux et jouent le jeu des abus. Il faut savoir qu'une université est payée en fonction du nombre de ses inscrits. Et que beaucoup de jeunes diplômés de nos facultés peinent à trouver un premier job faute d'expérience. Qu'à cela ne tienne, les établissements publics parisiens proposent tacitement d'offrir une place dans les filière délaissées (Master de Slovène, PhD d'Ouzbek ancien) en échange d'une convention de stage d'un an. Comme ça tout le monde y trouve son compte, surtout le stagiaire très diplomé qui au mieux touchera le SMIC (mais qui heureusement ne sera pas contraint d'apprendre l'Ouzbek).

1 Comments:

Anonymous rocal said...

hé, il arrive quand le poste sur la pure tradition Troyenne???

11:09 AM  

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