le blog de Livio

15 février, 2006

L'homme moderne

Un soir de semaine, la caisse rapide du Monoprix situé à proximité du centre d'affaires de la Défense. 19h30, la sortie du bureau est à son comble pour le quartier et les business workers doivent rapidement garnir leur réfrigérateur désespérément vide. Le magasin déborde de foule, et les curiosités m'amènent à la caisse rapide.

Un vrai phénomène : sur la file, que des hommes, et hormis les quelques romankitsch venus chercher une rose pour leur dulcinée (St Valentin oblige) on trouve dans les paniers de ces messieurs toujours les mêmes articles. Sur le tapis sont regoupés à répétition des yaourts gourmands, du pain, quelques bières et parfois un autre ersatz d'aliment. Je ne parle pas d'un cas anecdotique d'un ou deux individus mais bien d'un schéma répété en fanfare à cette heure de la journée.

Voilà donc le repas de ces travailleurs acharnés. Maintenant que les mecs ont pléthore de magazines qui leur sont réservés, des produits cosmétiques etc. il ne reste plus qu'un kit alimentaire livré à domicile pour faire fortune !
Le moral dans les baskets

Les premières semaines de 2006 ont eu un effet boeuf sur mes collègues dévoués. Voilà un moment (qui est loin de justifier mon silence) que j'écoute avec attention leurs sujets de conversation pendant le déjeuner ou la pause café pour faciliter mon intégration.

Malheureusement je reste spectacteur béat devant le pessimisme qui s'est installé. La grippe aviaire, la fin du monde, les licenciements, la dictature de G. W. Bush, les accidents d'avion, les drames familiaux...
Sans être naïf au point de croire que nous habitons au pays des bisounours, je comprends le business des antidépresseurs dont on pourrait trouver un vrai trafic souterrain dans les couloirs sombres des entreprises. La météo hivernale faisant, le parisien est un défaitiste paranoïaque...

Seule percée des rayons de soleil dans ce brouillard quand le thème de l'immobilier est abordé. C'est pendant mon enquête le seul sujet à l'origine d'une épizootie de sourires bien éphémères. Les acquisitions, la defiscalisation, les indicateurs de la location, les travaux de rénovation : sur le sujet moi je nage en pleine science fiction !

Attendons donc le printemps porteur d'espoir et de mouvements d'oiseaux migrateurs mutants décidés à nous faire vivre la pire crise économique de notre Histoire !